… Aime être cueillie par Christophe Aribert au détour d’un turbot nacré en consommé fou

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Ce jour-là, Christophe cuisinait chez San. En cadeau d’invité, il lui avait apporté son livre… Qui me fit de l’oeil… Alors du haut de ma grande goule, j’ai charié Christophe – que je ne connaissais pas… – d’un joyeux « Quoi ? Et tu n’en as pas pris un pour moi ? »… « Toi, tu viendras le chercher à Uriage. ».. Bah ça c’est dit…

Alors profitant d’un week-end de prise de vue (j’ai tapé « prise de vie »… Pas faux…) chez les copains-voisins les Monjuré, j’ai fait un stop au coin du passe des Terrasses. Rapide arrêt de quelques heures qui suffisent à avoir furieusement envie d’écrire.

Dès qu’il est venu me chercher à la gare – il est comme ça le gars, il vient vous chercher à la gare ! -, je l’ai bombardé de questions. Il a joué le jeu et donné accès à ses pensées. J’ai vraiment aimé.

Déjà j’ai aimé son côté cash et la camionnette bleue. Pas de faux semblants ni de séduction politique à deux balles. Il ne m’attend pas pour me vendre du rêve mais plutôt pour me montrer sa vraie vie dans la gastronomie… Passionné il parle de ce qui est devant, de ce qu’il a encore envie de dire à travers ses assiettes et du chemin qu’il entend bien parcourir malgré son genou qui le tiraille… Il me plait vraiment quand il me parle de la cohérence, fondamentale dans l’éducation des enfants comme dans ce qu’il réalise dans son restaurant… Il parle plus difficilement des plats dont il fut fier. La remise en question est quotidienne et Christophe sait combien il est difficile de cueillir un convive au détour de cette assiette qui va arrêter le temps. Et si cela arrive une seule fois durant un repas pour un de ses clients alors il est un Chef heureux car c’est son Graal à lui… En écrivant ce billet me vient une pensée: il y a des cuisiniers qui sont cuisiniers dans le sens où c’est leur métier, comme d’autres sont menuisier ou docteur. Je crois que Christophe est cuisinier dans son être. Comme on est petit ou grand, blond ou gentil. Oui c’est ça; Christophe EST cuisinier. Chef cuisinier.

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Et il sourira en lisant qu’il m’a cueillie. D’abord avec cet « amuse » que je connais et que j’adore, une gelée au gout de radis, accompagnée d’un mini chou croustillant et d’une pointe de beurre qui vous raccroche superbement au radis à la croque-au-sel (la recette est dans le livre! Youhou!).

Il m’a cueillie aussi dans un consommé de champignon.

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Turbo à la nacre sublime, truffe, consommé poivré de champignons, « un peu gras » s’en excuse Christophe,… avec un quelque chose de gourmand, de praliné, lamelles de salsifis crû pour la texture et pour la jutosité rafraichissante… J’apprendrai après que la gourmande impression de praliné du consommé est apportée par un jus de céleri rave combiné aux champignons. Tout s’explique 🙂

Ah! J’oubliais! Christophe est tombé dans le pétrin quand il était petit!… Le pétrin de la boulangerie de Papa… Alors autant vous dire que les mini baguettes et le pain fleur sont une tuerie! (Pensée de la rédaction : le petit dej’ doit être dément…)

Les Terrasses d’Uriage

http://www.grand-hotel-uriage.com/

Le Blog de Christophe

http://christophearibert.com/

Et toutes les photos de ce déjeuner pour un livre dédicacé (MERCI!) sur Facebook